Dix. C'est le nombre officiel de catégories de permis de conduire qui existent aujourd'hui au Bénin. Bientôt douze — mais pas encore, et c'est justement là que beaucoup de candidats se plantent en ce moment. Entre le texte de 2015 toujours en vigueur et la réforme de mai 2026 qui fait couler beaucoup d'encre sans être appliquée, difficile de s'y retrouver. On remet les choses à plat, catégorie par catégorie, avec les vrais chiffres de l'ANaTT (Agence Nationale des Transports Terrestres, l'organisme qui délivre les permis au Bénin).
Pourquoi la catégorie que tu choisis change tout
Un permis de conduire béninois n'autorise pas à conduire n'importe quoi. Chaque catégorie correspond à un type précis de véhicule — cylindrée de la moto, poids du camion, nombre de places du minibus. Se tromper de catégorie, c'est perdre du temps et de l'argent à refaire un dossier. Et c'est plus fréquent qu'on ne le pense : des candidats s'inscrivent pour un permis B alors qu'ils veulent surtout rouler en tricycle motorisé (le fameux "cloboto"), ou visent un poids lourd sans savoir qu'il faut d'abord détenir le permis B depuis un an.
Avant de foncer vers l'auto-école la plus proche de chez toi, prends cinq minutes pour identifier la bonne case. Ça t'évite un aller-retour inutile au guichet de l'ANaTT.
Les catégories pour moto, tricycle et quadricycle
C'est souvent la première étape pour un jeune à Cotonou, Porto-Novo ou Parakou. Le Bénin distingue trois niveaux selon la cylindrée de l'engin — plus elle est grosse, plus tu dois être âgé pour la conduire légalement.
Dès 16 ans
Vélomoteurs, cyclomoteurs et engins thermiques dont la cylindrée ne dépasse pas 75 cm³. C'est la catégorie d'entrée, celle des petites motos de quartier.
Dès 18 ans
Motocyclettes avec ou sans side-car, tricycles et quadricycles à moteur, entre 75 et 400 cm³. La plupart des motos-taxis (les zémidjans) et gros deux-roues urbains rentrent dans cette case.
Dès 21 ans
Motocyclettes de plus de 400 cm³. Réservé aux grosses cylindrées — peu de candidats visent directement cette catégorie sans être déjà motard.
Le permis B, le plus demandé — et la future catégorie BEA
Le permis B, c'est la voiture particulière classique — celui que la majorité des candidats à Cotonou viennent chercher. Il concerne les véhicules de moins de 10 places dont le poids total autorisé ne dépasse pas 3 500 kg, et il s'obtient à partir de 18 ans.
Contrairement aux catégories A1, A2 et A3, sa durée de validité est indéterminée : une fois obtenu, tu n'as pas à le renouveler à intervalle fixe, sauf en cas de perte ou de dégradation du document.
Une nouvelle catégorie, la BEA, est prévue par la réforme de mai 2026 : elle concernerait spécifiquement les véhicules équipés d'une boîte de vitesses automatique, avec un poids total autorisé en charge ne dépassant pas 4,25 tonnes. Utile si tu comptes exclusivement conduire des automatiques — mais là encore, cette catégorie n'est pas encore active administrativement.
Poids lourds, transport de personnes et remorques : C, C1, DR, D, E
Ces catégories s'adressent aux futurs chauffeurs professionnels — transporteurs de marchandises, conducteurs de minibus ou d'autobus. Toutes exigent d'être titulaire du permis B depuis au moins un an, et l'âge minimum est fixé à 21 ans.
- ✅ Permis C — véhicules de transport de marchandises ou de matériel de plus de 3 500 kg, jusqu'à 18 000 kg.
- ✅ Permis C1 — poids lourds au-delà de 18 tonnes.
- ✅ Permis DR — minibus de 18 places et de 3,5 tonnes.
- ✅ Permis D — transport en commun de personnes, au-delà de 18 places (les autobus classiques de Cotonou, par exemple).
- ✅ Permis E — pour atteler une remorque de plus de 750 kg à un véhicule.
Si tu vises une carrière de chauffeur de transport en commun ou de camionneur, retiens un point simple : tu ne peux pas sauter l'étape B. C'est le socle de toutes les catégories professionnelles au Bénin.
Le permis F, pour les véhicules aménagés
Moins connue, la catégorie F concerne les véhicules de moins de 10 places, dont le poids total autorisé ne dépasse pas 3 500 kg, spécialement aménagés pour les personnes en situation de handicap. Elle s'obtient également dès 18 ans, et sa durée de validité est, comme le permis B, indéterminée.
Combien coûte chaque catégorie — les frais officiels ANaTT
C'est le point que tout le monde cherche, et c'est aussi celui où circulent le plus de rumeurs — une estimation à 600 000 FCFA a récemment fait le tour des réseaux sociaux, avant d'être formellement démentie par l'ANaTT. Voici les frais réellement en vigueur, hors coût de la formation en auto-école.
Droit d'examen par catégorie (candidats nationaux)
Ces montants combinent trois éléments obligatoires : le reçu ANaTT (20 200 FCFA pour un national, 40 200 FCFA pour un étranger), un timbre fiscal de 2 000 FCFA, et une quittance de droit d'examen versée au Trésor Public dont le montant varie selon la catégorie demandée — de 1 000 FCFA pour l'A1 jusqu'à 6 000 FCFA pour les catégories C1 et E.
Quelle catégorie choisir selon ta situation
Si tu veux simplement conduire une voiture particulière au quotidien, le permis B reste ton unique cible — pas besoin de passer par les catégories moto avant. Si en revanche tu roules déjà en moto ou en cyclomoteur et que tu veux régulariser ta situation, commence par identifier la cylindrée réelle de ton engin : en dessous de 75 cm³, c'est l'A1, entre 75 et 400 cm³, l'A2.
Ceux qui envisagent de conduire un tricycle motorisé pour le transport de marchandises ou de passagers doivent, eux, patienter : la catégorie B1 qui leur est dédiée fait partie de la réforme non encore appliquée. En attendant, mieux vaut se renseigner directement auprès de l'ANaTT sur la catégorie à utiliser pour rester en règle.
Pour un projet professionnel — chauffeur de poids lourd, de minibus ou d'autobus — la seule vraie stratégie, c'est d'obtenir d'abord le permis B, de le garder au moins un an, puis de viser la catégorie professionnelle recherchée.
La réforme de mai 2026 : ce qui va changer, et ce qui n'est pas encore actif
L'arrêté du 26 mai 2026 remplace le texte de 2015 sur plusieurs points. Deux nouvelles catégories sont créées : la B1, pour les tricycles et quadricycles à moteur, et la BEA, pour les véhicules à boîte automatique. La réforme impose aussi un volume minimal de formation — 60 heures de code et 30 heures de conduite pratique de base — avant de pouvoir se présenter à l'examen théorique, désormais organisé sur support numérique.
Deux parcours sont prévus pour l'accès à l'épreuve pratique : un parcours standard nécessitant six mois de pratique, et un parcours accéléré basé sur 120 heures de conduite effective attestées par un livret d'apprentissage.
Mais au moment où cet article est publié, ce texte n'est toujours pas entré en application. Un communiqué de l'Association des Auto-Écoles Agréées de l'Atlantique, daté du 16 juillet 2026, confirme que les candidats continuent d'être formés selon la réglementation de 2015. Autrement dit : les catégories B1 et BEA, les nouveaux âges minimums et le nouveau volume d'heures n'ont, à ce jour, aucune valeur légale opérationnelle. Ne te fie pas à un article qui t'annoncerait le contraire sans préciser sa date.
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