Neuf catégories. Un seul texte de loi qui les régit toutes depuis 2018. Et pourtant, sur le terrain à Ouagadougou ou à Bobo-Dioulasso, la confusion règne encore entre le permis A, le B1 méconnu et le mystérieux "BCD". On reprend tout depuis le début, catégorie par catégorie, en s'appuyant sur la Loi n°005-2018/AN et sur les informations publiées par la DGTTM (Direction Générale des Transports Terrestres et Maritimes) — l'organisme qui délivre les permis au Burkina Faso.
Pourquoi la bonne catégorie t'évite des ennuis
Rouler avec la mauvaise catégorie de permis, ce n'est pas juste une question administrative. L'article 32 de la loi burkinabè prévoit une peine d'emprisonnement d'un mois à un an et une amende pouvant atteindre 1 200 000 FCFA pour quiconque conduit un véhicule sans le permis correspondant à sa catégorie. Autant dire que ce n'est pas un détail à prendre à la légère.
La loi de 2018 a aussi modernisé le format du document : le permis burkinabè est désormais une carte plastique sécurisée, de la taille d'une carte bancaire, à dominante rose, valable dix ans maximum. Les anciens permis papier avaient trois ans, à compter de l'adoption de la loi, pour être échangés contre le nouveau format.
Les catégories moto : A1 et A
Le Burkina distingue deux niveaux pour les deux-roues, selon la cylindrée de l'engin.
Dès 14 ans
Cyclomoteurs et vélomoteurs, avec ou sans side-car, d'une cylindrée n'excédant pas 125 cm³ et d'une puissance ne dépassant pas 11 kW — ce qu'on appelle les "motocycles légers". C'est la catégorie d'entrée, celle des petites motos de tous les jours.
Dès 16 ans
Motocyclettes de plus grosse cylindrée. C'est la catégorie qui concerne les motos plus puissantes, au-delà du seuil couvert par l'A1.
Le permis B1, la catégorie la moins connue
Entre l'A et le B, il existe une catégorie intermédiaire accessible dès 16 ans : le B1. C'est probablement la catégorie la plus mal comprise du système burkinabè, et pour cause — les sources officielles consultées confirment son existence et son âge d'accès, mais ne détaillent pas précisément quels véhicules elle couvre. Dans d'autres pays de la sous-région qui utilisent une nomenclature proche, cette catégorie correspond généralement aux tricycles et quadricycles motorisés. Il est raisonnable de penser qu'elle joue un rôle similaire au Burkina, mais je ne peux pas le confirmer avec certitude à partir des sources disponibles. Le plus sûr, si tu es concerné, est de demander confirmation directement à la DGTTM ou à une auto-école agréée.
Le permis B, la voiture particulière
C'est la catégorie que la majorité des candidats viennent chercher. Accessible dès 18 ans, elle couvre les véhicules légers classiques. Un certificat médical d'aptitude, délivré par un médecin compétent, est exigé pour l'obtenir — au même titre que pour les catégories C, D, E et BCD.
Une fois le permis B en poche, tu peux légalement conduire une voiture particulière sur l'ensemble du territoire burkinabè. Si tu envisages ensuite d'évoluer vers une catégorie professionnelle, retiens que le permis B sert souvent de socle avant d'ajouter une extension de catégorie — la loi prévoit d'ailleurs une procédure spécifique appelée "extension de permis de conduire" pour ajouter une catégorie supplémentaire sans tout recommencer depuis zéro.
Poids lourds et transport en commun : C, D et BCD
Ces catégories s'adressent aux futurs chauffeurs professionnels.
- ✅ Permis C — véhicules de transport de marchandises et de matériels. L'accès est fixé à 18 ans.
- ✅ Permis D — la catégorie la plus exigeante en âge, accessible seulement à partir de 21 ans. Elle concerne généralement le transport en commun de personnes.
- ✅ Permis BCD — une catégorie combinée, accessible dès 18 ans. Les sources consultées ne précisent pas exactement quelle combinaison de véhicules elle recouvre au-delà de son nom — je ne peux pas le confirmer avec certitude. Il vaut mieux vérifier ce point directement auprès de la DGTTM avant de t'inscrire dans cette catégorie.
Pour ces trois catégories, un volet théorique conséquent t'attend : le programme national de formation prévoit, par exemple, un minimum de 55 à 60 heures de cours théoriques spécifiques pour les candidats aux catégories liées au transport de marchandises et de matériels.
Remorques et véhicules aménagés : E et F
Le permis E s'ajoute à une catégorie existante pour autoriser l'attelage d'une remorque — un certificat médical et une visite à l'OST sont également requis pour cette catégorie.
Le permis F, accessible dès 18 ans, complète le tableau. Dans les pays voisins utilisant une nomenclature similaire, cette catégorie concerne en général les véhicules aménagés pour les personnes en situation de handicap. Les sources consultées pour le Burkina ne détaillent pas ce point avec précision : je le mentionne à titre indicatif, à confirmer auprès de la DGTTM.
Ce que ça coûte vraiment — et ce que je n'ai pas pu confirmer
Frais confirmés (DGTTM)
Quelle catégorie choisir selon ta situation
Si tu conduis un petit engin du quotidien à moins de 125 cm³, l'A1 te suffit — et tu peux légalement t'y inscrire dès 14 ans. Pour une moto plus puissante, direction la catégorie A, accessible à 16 ans. Si ton objectif est simplement de conduire une voiture particulière, ne perds pas de temps par les catégories moto : le permis B, dès 18 ans, est ta seule cible.
Pour un projet de chauffeur professionnel — poids lourd ou transport en commun — prévois d'emblée le certificat médical et la visite à l'OST, qui font partie intégrante du dossier pour C, D, E et BCD. Et si ton projet touche aux tricycles ou à un véhicule intermédiaire, renseigne-toi précisément sur le B1 avant de t'engager : c'est la catégorie sur laquelle circule le moins d'informations vérifiables.
La réforme de 2018 : ce qui a changé par rapport à l'ancien système
Avant cette loi, le Burkina Faso appliquait encore un texte datant de 1956 — une ordonnance de l'époque de la Haute-Volta. La loi n°005-2018/AN, votée à l'unanimité par 96 députés le 19 avril 2018, a modernisé l'ensemble du dispositif : nouveau format de carte sécurisée, nouvelles règles de validité, et un régime de sanctions plus structuré pour les infractions liées au permis. La réforme a représenté un investissement public de plus de 13 milliards de FCFA, principalement destiné à la sécurisation des titres de transport.
Contrairement à la situation observée dans d'autres pays de la sous-région où une réforme récente n'est pas encore appliquée, la loi burkinabè de 2018 est bien en vigueur aujourd'hui — le format plastique et les nouvelles catégories font partie du quotidien administratif de la DGTTM.
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